Loulou t'es mou : chronique d'une journée manquée retour à l'accueil

Le 09 / 04 / 2001

Aujourd'hui j'étais de repos. Alors j'en ai profité pour faire des tours de ville, sur mon super VTT ultra rapide (quand je le veux bien).

D'abord, faut que je vous explique, je me suis cassé la gueule de vélo samedi matin devant l'Europe (rigolez pas, ça fait mal) et je me suis cogné le fémur de la jambe (une des 2 seules qu'il me reste). Mais, ô joie ineffable, les radiographies n'ont descellé "aucune fracture visible " comme m'a si bien dit Mme Lerdou, la Contrôleuse radiologue. Du coup j'ai repris le vélo le baume au coeur, tambour battant, tant et tant, pour continuer ma réeducation du genou ( cessez de rigoler vous pourriez tomber sur quelqu'un qui a beaucoup moins d'humour que moi).

Le matin , comme je passai devant la mairie, je me suis arrêté car j'ai vu quelques amis très chers. En effet j'ai eu une discussion animée avec Roman Perez, Villanua, et notre nouveau pseudo-maire Labarthe. Je me suis fait traiter de "jeune niais" par Roman Perez. Là, il exagère. Je ne suis pas si jeune que ça ! Bref, comme la discussion tournait en eau de boudin, on s'est quittés sans s'embrasser sur la bouche.

Ce qui m'agace c'est de les voir parci-parlà, dans la mairie, devant, derrière, l'esprit tranquille, alors qu'il nous ont piqué nos postes d'adjoints, alors qu'ils ont volé les électeurs.

L'après midi c'est Alvarez et Rosier qui se sont pointés à la mairie. Ca m'éneeeeneerve ! Alors que je suis élu au même titre qu'eux, me suis-je dit en aparté, c'est aussi ma mairie. Je suis conseiller municipal, me dis-je en me tapant la poitrine de mes poings. Je me suis demandé si j'allais pas faire un tour à l'intérieur pour voir s'ils n'avaient pas besoin d'un coup de main du genre - ranger des dossiers dans des cartons d'archives - mettre des trombones (j'adore ça) - nettoyer le parquet - leur porter des dossiers si c'est trop lourd pour eux, vider les poubelles ou ranger le bureau du maire. Je me suis ravisé, car j'ai ma dignité.

En fin de journée je suis remonté à la haute-ville pour rejoindre mon appart, avec tout ça dans la tête. Je me suis arrêté chez Loulou. J'étais remonté comme un coucou suisse avec une décision bien réfléchie : il faut faire un putsh. J'avais déja sorti le lance roquette que j'ai en décoration au dessus de mon canapé. Je réflechissais déjà au choix de la cagoule ou du passe-montagne, du jour et de l'heure....Et là, devinez quoi ? Il me dit incontinent..

- Ah ! excuse moi, je regarde "question pour un champion " . Il y a le docteur Cabrol qui passe en ce moment

- ah bon ! s'il y a Cabrol !...répondis-je pensant que ce n'était peut-être pas le moment de parler du putsh. Mais on pourrait pas mettre notre nez dans cette foutue mairie, on a pas quelques trucs à y faire ? C'est agaçant de les voir parader comme à la libération !

-Laisse, laisse, nous, on peut se regarder dans la glace

- Mais ils se regardent dans la glace aussi !. Ils sont pas génés, ils se trouvent beaux, ils se recoiffent, se refont la mise en pli, se parfument et tout et tout. Ils sont gonflés comme des mongolfières pakistanaises. Ils paradent gaiement comme des melons de Mulhouse ! lui répondis-je

- Ils ont voulu nous confisquer des responsabilités et tout diligenter...Qu'ils se débrouillent...me retorqua-t-il sans ambages

Alors c'est ça le Labadot haineux, épris de pouvoir, dont quelques uns m'ont parlé ? Mais vous rigolez! Il en veut pas assez du pouvoir ! Il est pas assez haineux ce Loulou là ! Il faudrait lui piquer les fesses ou les lui brûler avec un tison, lui décapsuler les ongles avec un couteau de cuisine pour qu'il vous traite finalement de "vilain" et de "méchant". C'est pas de la résignation que j'ai senti chez lui à ce moment là. Non, c'est le militant passionné qui se suffit dans un militantisme au jour le jour. Mais moi comme lui, après 30 ans de militantisme, moi qui ai l'ambition de devenir plus tard Maire de Mauléon, Ministre et accesoirement Maître du monde s'il n'y a pas cumul des mandats, je serai dans une telle furie que c'est pas un "Maire au foyer" que nous aurions, mais un Maire au cimetière.

Je suis remonté au bercail, abattu comme Le Che à La Higuera, fourbu et vidé d'avoir trop gonflé mes poumons d'une révolution juste et légitime mais trop tôt avortée. Le coeur gros, j'ai poussé mon cheval... pardon mon vélo, vers le lieu de mon pilori définif, emporté par le vent de ma fougue maintenant gémissante, sur l'asphalte ingrate de cette route qui m'outrage déjà le sang de l'espoir, dilué par ce liquide bilieux qui me décape le corps.

Je suis arrivé trop tard aussi pour voir la fin de "question pour un champion ". Décidément, il y a des jours où on passe à côté de tout....